Anomalie de température marine début août 2026
El Niño continue de se renforcer rapidement dans le Pacifique. Dans sa mise à jour du 13 août, la NOAA estime désormais à 95 % la probabilité d’un événement « très fort » entre octobre et décembre 2026 et à 69 % celle d’un épisode d’intensité historique. Une évolution majeure à quelques mois de la saison chaude et cyclonique dans le Pacifique Sud…
El Niño se renforce rapidement
Dans son nouveau bulletin publié le 13 août 2026, le Climate Prediction Center confirme qu’El Niño s’est encore renforcé durant juillet et devrait poursuivre son intensification jusqu’à la fin de l’année. Les températures de surface de la mer dépassent désormais +2 °C d’anomalie dans l’est du Pacifique équatorial. De plus, sous l’océan, la NOAA observe une importante réserve de chaleur. Les anomalies de température atteignent localement jusqu’à +10 °C en profondeur dans le Pacifique équatorial. Cette importante quantité de chaleur disponible sous la surface pourrait continuer à alimenter le réchauffement de l’océan au cours des prochains mois.
L’évolution du phénomène au cours des 2 derniers moins. Crédit photo : Tropical Tidbits
95 % de probabilité d’un El Niño « très fort »
Les nouvelles probabilités publiées par la NOAA sont particulièrement impressionnantes. Pour la période octobre-novembre-décembre 2026, le Climate Prediction Center estime désormais à 95 % la probabilité que le phénomène El Niño atteigne ou dépasse +2,0 °C, niveau correspondant à la catégorie « Very Strong El Niño », soit un El Niño très fort. Cette probabilité atteint déjà 75 % sur août-septembre-octobre. Autrement dit, l’incertitude porte de moins en moins sur la possibilité d’un El Niño très fort. Elle concerne désormais surtout l’intensité maximale qu’il pourra atteindre.
69 % de probabilité d’un événement historique
La NOAA estime à 69 % la probabilité que le phénomène atteigne ou dépasse +2,5 °C sur la période octobre-novembre-décembre 2026. Le Climate Prediction Center qualifie lui-même ce scénario d’« événement historique », car une telle valeur dépasserait l’intensité des précédents épisodes El Niño dans sa série remontant à 1950. C’est à ce niveau que l’expression « Super El Niño » commence véritablement à prendre du sens. Il faut néanmoins préciser que ce terme ne constitue pas une catégorie officielle de la NOAA. La classification officielle s’arrête à « El Niño très fort » pour une anomalies supérieur ou égal à +2 °C. On ne peut donc pas encore affirmer qu’un « Super El Niño » est installé. En revanche, le scénario d’un événement exceptionnel est désormais considéré comme fort probable.
Dans sa dernière analyse publiée le 11 août, le Bureau of Meteorology australien mesure un Niño 3.4 de +2,20 °C pour la semaine se terminant le 9 août. Par ailleurs, le Bureau australien estime désormais que el Niño pourrait culminer à des niveaux supérieurs aux plus chauds observés depuis 1950.
Les barres représentent la probabilité d’El Niño (barres rouges), d’un phénomène ENSO neutre (barres grises) et de La Niña (barres bleues) pour neuf saisons trimestrielles à venir, qui se chevauchent (chaque lettre représente un mois, par exemple, F = février). La nuance de couleur à l’intérieur des barres indique la probabilité des différentes intensités d’El Niño ou de La Niña (faible, modérée, forte et très forte). Le tableau présente également les probabilités en pourcentage de chaque intensité. Carte émise par la NOAA en août 2026.
Quelles conséquences pour la Nouvelle-Calédonie ?
En Nouvelle-Calédonie, El Niño tend historiquement à favoriser des conditions plus sèches et des alizés plus fréquents durant la saison chaude. La dernière prévision saisonnière de Météo France Nouvelle-Calédonie disponible pour le trimestre août-septembre-octobre 2026 va déjà dans cette direction : les cumuls de pluie sont annoncés globalement déficitaires, les températures devraient être conformes ou supérieures aux normales, tandis que le vent devrait être plus fort qu’à l’accoutumée, avec une confiance modérée. « Il n’y a pas nécessairement de corrélation directe entre l’intensité d’un épisode El Niño et l’ampleur de ses conséquences en Calédonie », rappelait Thomas Abinun, météorologue à Météo France Nouvelle-Calédonie. Sur les vingt-deux épisodes El Niño recensés depuis 1965, seulement trois ont produit des pluies excédentaires en Calédonie malgré une intensité au moins modérée. En Nouvelle-Calédonie, l’installation d’El Niño pourrait également avoir des conséquences sur le risque de feux de brousse au cours des prochains mois. Les conditions deviendront favorables au départ de feux sur le territoire. Bien que cela n’empêchera pas l’apparition de précipitations, il est toutefois important de suivre l’évolution de la situation. Il est donc désormais possible de suivre l’évolution en temps réel des feux en Nouvelle-Calédonie sur le site Regard sur le ciel :


